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En 2025, le marché français de l’ameublement s’est stabilisé à un niveau bas après deux années de recul. Conjoncture économique et évolution des comportements d’achat expliquent cette dynamique, qui devrait se confirmer en 2026.

Après le recul observé au début de la pandémie de Covid-19, le marché français de l’ameublement a connu une période de forte croissance, portée notamment par les dépenses consacrées au logement. Il est ensuite entré dans une phase de correction. En 2024, les ventes ont fortement chuté, retrouvant un niveau proche de celui atteint avant la pandémie. En se stabilisant à un point bas, les résultats de 2025 montrent que le marché cesse de se dégrader, sans pour autant retrouver la croissance.

Bon à savoir
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« Cette apparente stabilisation masque des différences entre valeur et volume. Les prix élevés, établis pendant la période inflationniste, soutiennent partiellement le chiffre d’affaires tandis que les quantités vendues diminuent sous l’effet des arbitrages budgétaires des ménages », Béatrice Montamat-Durruty, experte Syndex au pôle Commerce.

Outre les périodes de soldes, dont les performances sont faibles, la conjoncture immobilière joue un rôle central dans l’évolution du secteur de l’ameublement. Ainsi, si le marché de l’ancien a enregistré une reprise partielle en 2025, celui du logement neuf est resté très dégradé, ce qui a limité les achats d’équipement pour le logement, et donc la demande en ameublement. 

Transformation des circuits de distribution 

Parallèlement, la transformation des circuits de distribution s’accélère et le marché se polarise. 

D’un côté, les enseignes spécialistes gagnent des parts de marché au détriment de la grande distribution de meubles. En structurant leur offre autour de projets tels que la cuisine, ces enseignes s’orientent davantage vers l’accompagnement, le conseil et l’intégration. Notre experte, Béatrice Montamat-Durruty, précise : « Là où la grande distribution vend principalement des produits, les spécialistes vendent surtout des projets, faisant reposer la création de valeur sur le service et non sur le bien. » Cependant, encore peu démocratisé, ce type d’offre s’adresse davantage à un public aisé. 

De l’autre côté, les circuits alternatifs captent des volumes en proposant une offre à bas prix. Le succès des discounters, des plateformes internationales (type Amazon, Temu, etc.) et de la seconde main s’inscrit dans un contexte de contrainte sur le pouvoir d’achat et de transformation des comportements de consommation. Ces offres traduisent l’intérêt des consommateurs pour des achats accessibles, immédiats et peu engageants et touchent davantage les ménages précaires. Toutefois, cette dynamique accentue la concurrence et renforce la sensibilité du marché aux logiques de prix. 

Entre ces deux pôles, les circuits traditionnels peinent à se différencier. La grande distribution généraliste, qui reste le circuit numéro un, voit sa position progressivement érodée. Le marché du meuble en 2025 reste donc pris en étau entre une demande affaiblie, des arbitrages budgétaires défavorables de la part des ménages et une intensification de la concurrence. La dynamique de l’activité repose davantage sur des effets de prix et des stratégies commerciales que sur une reprise des volumes, confirmant que le secteur évolue dans un environnement structurellement plus contraint et durablement transformé. 

Restructurations et liquidations 

Signe d’une situation durablement dégradée : le secteur connaît depuis plusieurs années des restructurations et liquidations judiciaires, entraînant de nombreuses suppressions de postes. Parmi ces opérations, notons : 

  • le rapprochement de But et Conforama au sein d’une holding commune, But Conforama France SAS, en 2024. Ce rapprochement a donné lieu l’année suivante à un plan de départ volontaire portant sur 74 salariés des fonctions support ; 
  • la liquidation judiciaire d’Alinea début 2026 qui a entraîné la suppression d’environ 1 200 emplois et la fermeture de 36 magasins. Le réseau a cessé son activité à l’exception de 7 magasins franchisés qui ont pu poursuivre, mais sous une autre marque ; 
  • la recherche d’un repreneur pour Maisons du Monde : en difficulté depuis plusieurs années, l’enseigne cherche un repreneur acceptant d’apporter des fonds et de refinancer sa dette ; 
  • la recomposition de son modèle historique par Ikea : le géant suédois cherche à densifier son maillage territorial en s’implantant dans des villes moyennes ou des centres-villes, en ouvrant des magasins de plus petite taille. Mais, parallèlement, il restructure son réseau de grandes surfaces à l’international, supprimant 850 postes sur certains marchés matures – dont la Suède.
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Perspectives pour 2026

Les prévisions pour 2026 dépendent encore étroitement de l’environnement macroéconomique, en particulier du marché immobilier, et de la consommation des ménages. Le meuble demeure une variable d’ajustement budgétaire, dans un contexte où les ménages privilégient l’épargne et arbitrent fortement leurs dépenses. 

Par ailleurs, les comportements d’achat continuent d’évoluer : outre un attrait grandissant pour la « fast déco », le parcours d’achat devient omnicanal, articulant à la fois digital et présence en point de vente. 

Ainsi, selon Béatrice Montamat-Durruty, « l’année 2026 ne devrait pas marquer un retournement de cycle mais l’entrée dans un nouvel équilibre de marché, caractérisé par des volumes plus faibles, une concurrence accrue et une exigence renforcée en matière de proposition de valeur ». 

Dans ce cadre, la croissance ne reposera plus principalement sur l’expansion des volumes, mais sur la capacité des acteurs à se repositionner : adaptation des produits aux contraintes d’usage et de logement, montée en gamme « utile », développement des services et intégration du digital dans la relation client.

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