Utilisée massivement dans le monde aussi bien par les entreprises que les particuliers, l’IA est bâtie sur des fondements économiques fragiles. Syndex vous aide à mieux comprendre le fonctionnement économique de ce secteur d’activité et les menaces qu’il fait peser sur la société dans son ensemble.
Le secteur de l’IA est essentiellement dominé par des acteurs américains, parmi lesquels de grands groupes cotés, mais aussi des sociétés émergentes, à la structure économique plus fragile.
Parmi ces entreprises figurent OpenAI et Anthropic, connues pour avoir développé des modèles d’IA générative. Afin de continuer à développer et entraîner leurs modèles, mais aussi pour financer les infrastructures ou la force de travail dont elles ont besoin, ces entreprises doivent réaliser des investissements colossaux. Leur chiffre d’affaires étant trop faible et leur rentabilité inexistante, elles sont contraintes à des levées de fonds régulières pour obtenir l’argent nécessaire. Dépendant d’autres sociétés, leur modèle économique est ainsi loin d’être à l’équilibre.
Une boucle de financement circulaire
Une interdépendance est visible à tous les niveaux de la chaîne de valeur, reliant les fabricants de puces (Nvidia, AMD), les fournisseurs de cloud (Microsoft, Oracle) et les développeurs de modèles (OpenAI). Par exemple, les grands groupes de la tech investissent massivement dans l’IA, mais réclament en retour de « leurs protégées » qu’elles dépensent une grande partie des fonds reçus dans les services cloud qu’ils ont développés.
Cette boucle de financement circulaire, qui mobilise des centaines de milliards de dollars, expose à un risque de correction si les promesses de rentabilité ne se matérialisent pas à moyen terme.
Des valorisations boursières élevées
Séduits par des promesses de gains de productivité et de déploiement général de l’IA dans l’économie, les marchés financiers sont quant à eux optimistes face à la vague IA. Les valorisations boursières de grands groupes comme Nvidia ou Google atteignent ainsi des niveaux record.
Mais cette dynamique est sous la menace d’un risque de dégonflement brutal, et même de crise majeure si des entreprises sont contraintes de s’endetter massivement ou si des investisseurs sont pris dans la vague spéculative.
La bulle de l’IA : un éclatement potentiel aux conséquences multiples
Aujourd’hui, vu l’enthousiasme autour de l’IA, les investissements massifs, la médiatisation et les valorisations particulièrement élevées, nous sommes manifestement dans la phase maniaque.
Ainsi, la question est moins de savoir « si » mais « quand » et « comment » la bulle de l’IA éclatera, et quelles en seront les conséquences sur l’économie dans son ensemble. Celles-ci peuvent être de plusieurs ordres :
- faillite d'acteurs émergents ou dont les capacités d’investissement dépendent de levée de fonds, avec un « effet domino » étant donné les liens d’interdépendance entre les différents acteurs ;
- destruction d’une part substantielle des économies des épargnants ;
- affaiblissement d’économies entières dépendant largement de ce secteur d’activité (c’est par exemple le cas des États-Unis, où les dépenses d’investissement dans l’IA ont davantage contribué à la croissance du PIB que les dépenses de consommation : cela montre que l’économie de ce pays, fondée sur ce secteur d’activité concentré et volatil, est fragile ; si l’investissement en IA se retourne, la croissance globale sera potentiellement amputée).
Ces risques sont d’autant plus marqués que les acteurs publics pourraient ne pas être en mesure d’intervenir. Ces derniers, soumis à des décisions politiques, ne réagissent pas nécessairement en parfaite corrélation avec les marchés financiers ; ils peuvent même investir des capitaux en période de crise et porter l’activité (relance « keynésienne »). Mais cette perspective est affaiblie par le niveau important de la dette publique.
Finalement, seuls les acteurs dominants comme les GAFAM, qui jouissent de ressources financières importantes indépendantes de leurs cours de Bourse, seraient susceptibles de tirer leur épingle du jeu en cas d’« éclatement de la bulle ».