Déjà très puissants dans le numérique, les GAFAM occupent une place centrale dans le développement de l’intelligence artificielle. Une domination qui s’explique notamment par les moyens colossaux dont ils disposent, mais qui ne les protège pas des menaces pesant sur leur modèle économique.
Une domination à tous les niveaux
Les géants américains du numérique (Google, Amazon, Microsoft, etc.) sont présents à chaque étape du développement de l’IA.
Ils ont d’abord acquis une longueur d’avance sur les autres entreprises : des infrastructures déjà en place (cloud, puissance de calcul…), des moyens financiers considérables et des développeurs hautement qualifiés (qu’ils ont su attirer par des salaires élevés et de meilleures conditions de travail). Ces atouts leur permettent de concevoir, entraîner et diffuser leurs modèles d’IA à grande échelle.
Ils ont également investi dans des outils nécessaires aux développeurs, ce qui leur donne un rôle clé dans la manière dont l’IA se fait, et ont accès à de très larges volumes de données, indispensables à l’entraînement des modèles.
De même, ils disposent de canaux de distribution préexistants pour diffuser leurs modèles d’IA : par exemple vente de l’accès au modèle d’IA complémentaire à l’infrastructure de cloud, ou encore intégration de services d’IA dans leurs produits et services (suites logicielles, moteurs de recherche, réseaux sociaux).
Des acteurs à la fois puissants… et vulnérables
Cependant, malgré l’apparence d’une toute-puissance, les géants américains du numérique doivent composer avec des fragilités et des menaces. Beaucoup ont échoué en dehors de leur cœur de métier : Google dans le hardware, Amazon dans le commerce alimentaire, Microsoft dans la téléphonie et les moteurs de recherche. Ils sont aussi marqués par l’histoire de grands groupes déchus pour avoir manqué le train d’une révolution technologique, tels IBM ou Nokia.
Par ailleurs, contrairement aux secteurs « traditionnels » comme l’énergie et l’industrie lourde, qui nécessitent d’importants investissements physiques, la valeur des entreprises numériques repose encore principalement sur des actifs immatériels : logiciels, brevets, base d’utilisateurs et publicité en ligne. Ces activités « légères » en actifs au regard des larges revenus dégagés génèrent des rentabilités remarquables mais aussi une vulnérabilité face à une rupture technologique.
Ainsi, nourrissant la peur de passer à côté d’une nouvelle révolution technologique, les géants du numérique s’engagent dans une course aux investissements en IA qu’il leur est difficile de réduire malgré des risques de surcapacités.