Communiqué

8e Baromètre Syndex-Ifop sur l'état du dialogue social en France en 2026

Pour la 8e année, Syndex, cabinet d’expertise pour les représentants du personnel (RP), publie les résultats de son Baromètre réalisé par l’Ifop, seule étude à grande échelle à croiser le regard des salariés, des RP et des directions sur les relations sociales en entreprise.

 

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Nos 6 enseignements Syndex

#1 Le CSE, une instance reconnue mais en quête de poids stratégique

Le CSE conserve une image très positive auprès des salarié·es et des dirigeant·es : une large majorité le considère comme utile. Cette perception s’accompagne d’une confiance élevée et du sentiment d’être bien représenté, confirmant le rôle central du CSE dans le dialogue social.
Cependant, le baromètre révèle des attentes fortes pour renforcer son influence : les avis du CSE devraient peser davantage dans les décisions stratégiques


#2 Un climat social marqué par la morosité et l’incertitude, pesant sur le dialogue social

Le contexte économique et social se détériore sur fond d'instabilité politique, de restrictions budgétaires et de menaces sur les droits sociaux. Les représentant·es du personnel, de moins en moins nombreux à juger favorablement la situation économique de leur entreprise, expriment une inquiétude, une déception et une colère croissantes depuis 2023.


#3 Face à ces difficultés, des représentant·es du personnel qui restent engagé·es et porté·es par la défense des droits des salarié·es

Les élu·es restent globalement déterminé·es et motivé·es. Cette motivation et cet engagement peuvent s’expliquer par les raisons de leur investissement : défendre les droits des salarié·es, agir pour plus d’équité, améliorer les conditions de travail.
En outre, le mandat reste valorisant, ce qui est largement légitime au regard de toutes les compétences acquises.
Néanmoins, la reconnaissance est peu traduite dans les faits au sein de leur entreprise, bien au contraire, et le mandat peut constituer un frein aux évolutions de carrière et de rémunération.

 

#4 Une divergence persistante dans la perception du dialogue social, avec des élu·es engagé·es mais sous pression

Les directions continuent d’évaluer positivement la qualité du dialogue social (7,7/10), tandis que les salarié·es (5,9/10) et les représentant·es du personnel (5,1/10)
lui attribuent des notes nettement inférieures. Cet écart structurel est toutefois cohérent avec les retours des RP sur la faible prise en compte de leurs avis et le déficit d’écoute. Manque de temps, surcharge de sujets, complexité des compétences à maîtriser : le mandat de RP reste difficile à tenir et les inconvénients de l’instance CSE demeurent prégnants. La valorisation de cet engagement au service du collectif est ainsi nécessaire, en améliorant le fonctionnement, les moyens et le rôle de l’instance, mais aussi en organisant la prise en compte et la valorisation des compétences acquises durant le mandat.



#5 Des priorités constantes autour des conditions de travail, de la santé et du pouvoir d’achat, mais un décalage persistant entre les attentes et les résultats

Du côté des conditions de travail, la pénibilité demeure insuffisamment prise en compte dans les projets, et les mesures pour éviter les accidents du travail trop peu nombreuses. Les dispositifs seniors sont méconnus d’une large part des salarié·es et se cantonnent, selon les RP, au CET et à la retraite progressive.
Du côté des rémunérations, dans un contexte d’inflation moins forte mais toujours présente, un décalage persiste entre attentes des RP et salarié·es et projections des directions. La directive sur la transparence salariale est très attendue des RP, qui placent les mesures de rattrapage salarial parmi les actions prioritaires pour réduire les inégalités femmes-hommes. 

 

#6 Des enjeux stratégiques encore trop peu intégrés au dialogue social : environnement et IA

La prérogative environnementale, introduite en 2021, reste encore peu investie puisque seuls 31 % des représentant·es du personnel déclarent que leur instance s’est saisie de ce sujet. Surtout cet enjeu recule nettement auprès des salarié·es et de leurs représentants. Parmi les freins : la priorité donnée à d'autres sujets, le manque de formation et d’expertise. À l'inverse, le thème de l'IA progresse nettement dans les entreprises, notamment par la mise en place de projets et d'outils, même si son impact sur l’organisation du travail, l’emploi, le modèle économique et le management est rarement anticipé ou discuté dans le cadre du dialogue social, alors même que cela devrait être obligatoire. Au regard des questions qu’elle soulève, l’IA est un objet de dialogue social : il convient d'en bien mesurer les conséquences, et d’en assurer la maîtrise par les salarié·es.

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