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TAUX BAS OU PAS, LES BANQUES FRANÇAISES SONT À LA FÊTE, LEURS SALARIÉS BEAUCOUP MOINS

Les bons résultats des principales banques françaises en 2016 contrastent avec le maintien de la modération salariale.

Image de banque

En 2016, les six plus grands groupes bancaires français (BNP-Paribas, le Crédit Agricole, la Société Générale, BPCE, le Crédit Mutuel et la Banque Postale) ont dégagé ensemble plus de 23,5 milliards d’euros de résultats nets, soit 600 millions d’euros de plus qu’en 2015.

En effet, le contexte d’abondance de liquidités dû à la politique ultra-accommodante de la Banque centrale européenne a un effet ambigu sur les résultats. D’un côté, la baisse des taux pèse sur les marges des crédits immobiliers et les capacités bénéficiaires de la banque de proximité. De l’autre, elle soutient la conjoncture économique et, au final, les résultats d’autres pôles de ces groupes : banque de financement et d’investissement, activités d’assurance, financements de flottes automobiles, gestion d’actifs… La comparaison est particulièrement flatteuse avec les secteurs bancaires allemands et italiens, en grande difficulté. Pour les actionnaires des banques françaises, les jours heureux sont de retour ; BNP-Paribas a même augmenté la part de ses bénéfices distribués sous forme de dividendes (50 % au titre de 2016 contre 45 % auparavant).

Pour les actionnaires des banques françaises, les jours heureux sont de retour ; BNP-Paribas a même augmenté la part de ses bénéfices distribués sous forme de dividendes (50 % au titre de 2016 contre 45 % auparavant).

Mais pour satisfaire ces exigences de décaissement de dividendes tout en finançant la course à la digitalisation des établissements bancaires, la masse salariale semble tenir le rôle de la variable d’ajustement : augmentations générales inférieures à l’inflation, baisses des enveloppes consacrées aux mesures individuelles et plans d’économies. Rapidement, la question de la soutenabilité de cette politique va cependant se poser, notamment quant à l’attractivité des métiers bancaires. Si la mutation numérique n’apparaît que comme une période de basse pression salariale et comme un levier de baisse des coûts, comment maintenir l’engagement de ceux qui sont en première ligne face aux nouveaux défis à relever ?

 

 

Rôle de Syndex

L’Expert-Comptable du Comité d’Entreprise ou du Groupe peut être mobilisé pour appuyer une interpellation de la direction générale sur la soutenabilité à long-terme des choix stratégiques des groupes bancaires français. Les choix stratégiques des conglomérats financiers quant aux distributions très généreuses de dividendes, aux acquisitions au prix fort de start-ups de la finance et à la mise sous tension des effectifs par des réorganisations  sans fin méritent d’être questionné. Le constat que « tous les concurrents le font » ne peut tenir lieu d’argument pour interdire le débat.

 

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