Études

La filière automobile en France, condamnée au renouvellement ou au rétrécissement !

Après l’embellie des années 2014 à 2017, les constructeurs présents en France choisissent soit d’investir soit de mesurer leurs ambitions. En effet, les mutations en cours portent des risques et des opportunités, particulièrement pour la filière moteurs. Néanmoins, le territoire n’est pas dépourvu d’atouts.

Un homme au volant

Perspectives de la filière : Entre investissements et mesure

Forts du dynamisme des dernières années et des efforts déployés, les sites implantés en France disposent d’atouts certains (comme évoqué dans les résultats de notre enquête synthétisée ci-dessus). Certains donneurs d’ordre misent sur ces atouts. C’est le cas de Toyota, par exemple. Le constructeur japonais vient en effet d’investir sur son site de Valenciennes pour élargir ses capacités à 300 000 véhicules par an (contre 230 000 jusque-là) et d’y produire plusieurs silhouettes de véhicules de segment B.

Les perspectives semblent plus mesurées chez les constructeurs français. Côté Renault, les prévisions que nous avons retenues tablent sur une stabilisation de la production autour de 800 000 véhicules par an. Côté PSA, le compactage des lignes et le passage en monoflux limiterait les capacités autour de 1 million de véhicules produits. Au mieux, PSA maintiendrait ses volumes de production. La forte hausse de la compétitivité de ses sites français devrait toutefois permettre d’attirer plus d’activités sur des établissements devenus « usines excellentes ». Ce scénario sera-t-il l’ambition portée par le groupe ?

Au global, la production de véhicules légers en France pourrait s’établir autour de 2 millions.

Diagramme représentant le nombre de véhicules assemblés par Toyota au fil des annéess

La mutation du monteur : Des risques et des opportunités

À ces tendances à la diminution relative du nombre de véhicules assemblés s’ajoutent des problématiques liées à la baisse accélérée du diesel (dont les Français sont des champions), et à l’électrification du véhicule (allant de l’hybridation au véhicule 100% électrique), jouant sur l’ensemble du groupe motopropulseur.

Chez PSA, ce mouvement est encore accentué par l’internationalisation de sa production de moteurs, jusque-là 100% française : une nouvelle usine de moteurs démarrera au Maroc en 2019 et approvisionnera l’usine de montage localisée à proximité et dédiée à des véhicules de segment B et C. PSA doit également compter sur les nouvelles capacités de production, d’essai et de conception d’Opel/Vauxhall... avec à la clé d’inévitables changements dans la mobilisation des compétences et des capacités autour des systèmes de propulsion en France.

La motorisation électrique devrait générer des activités nouvelles. Les constructeurs font le choix d’internaliser la production de moteurs pour les véhicules électriques : à Cléon chez Renault depuis plusieurs années (avec une nouvelle vague d’investissement programmée) ; à Trémery pour PSA, dans le cadre d’une joint-venture avec le japonais Nidec annoncée en décembre dernier. Cela ne compensera pas la baisse du nombre d’emplois liés aux motorisations thermiques au sein de la filière... ni le fait de ne pas avoir d’acteurs leaders sur les batteries, équipement stratégique dans les véhicules électrifiés de demain. Toutefois, ces choix montrent que l’on peut saisir, sur notre territoire, les opportunités liées aux évolutions des véhicules.

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