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La crise sanitaire n’a pas impacté de la même manière les compagnies aériennes traditionnelles et les compagnies low-cost, mais la réponse semble avoir été similaire : compagnies aériennes traditionnelles et low-costs se sont recentrées sur leurs aéroports principaux pour maintenir un minimum de connectivité. Ce mouvement favorise le modèle du hub plutôt que le modèle du point-à-point.

des strategies differentes

Renforcement du modèle hub

La crise sanitaire semble avoir tem­porairement renforcé le modèle du hub des compagnies traditionnelles. En simplifié, le modèle du hub per­met notamment de concentrer des flux à faible volume - généralement court et moyen-courrier, appelés « feeder » – afin de créer un volume suffisant vers des destinations tierces, généralement long-courrier.

Avec l’effondrement du trafic, les flux sont devenus tellement faibles que seule la concentration des flux dans un hub permet de maintenir certaines connexions aériennes. Avec cette stratégie, Air France a pu par exemple maintenir la desserte de 85% de son réseau long-courrier tout au long de l’année 20201.

Avec l’effondrement du trafic, les flux sont devenus tellement faibles que seule la concentration des flux dans un hub permet de maintenir certaines connexions aériennes.

Ce modèle est aussi indirectement favorisé par les aides d’États. L’essen­tiel des plus de 37 milliards d’euros d’aides 2 aux compagnies aériennes a été capté par les compagnies tra­ditionnelles qui opèrent selon le mo­dèle du hub. Les groupes Lufthansa et Air France-KLM ont à eux seuls récupéré presque les deux tiers des aides d’État distribuées en Europe.

Stratégie des low-cost

Les compagnies aériennes low-cost, or­ganisées en point-à-point, encaissent la crise en réduisant davantage leur offre que les compagnies tradition­nelles3.

Face à la faiblesse du trafic, certaines compagnies low-cost développent des correspondances au sein de leurs aéroports principaux sous le for­mat du self-connect. Une connexion en self-connect signifie que le passa­ger organise seul sa correspondance en réservant deux billets différents. Les low-costs ne font qu’adapter leur programme de vol pour permettre ces correspondances, sans prendre en charge le risque d’une correspon­dance ratée.

Face à la faiblesse du trafic, certaines compagnies low-cost développent le self-connect.

Le repositionnement de la compa­gnie low-cost Southwest Airlines aux États-Unis est emblématique de cette évolution. Si son offre s’est considérablement réduite avec la crise sanitaire, Southwest a maintenu une centaine de départs journaliers depuis les aéroports de Baltimore, Chicago, Denver, Houston et Phoe­nix, remplaçant de facto des liaisons point-à-point par des vols avec chan­gement.

Cette nouvelle organisation du ré­seau low-cost pourrait perdurer tout au long de la reprise voir au-delà de la crise et fragiliser le réseau aéropor­tuaire secondaire.

 

1. Interview d’Anne Rigail, directrice générale d’Air France, à La Tribune, 21 janvier 2021.
2. https://www.transportenvironment.org/newsroom/blog/airline-beggars-can%…
3. https://www.eurocontrol.int/sites/default/files/2021-02/covid19-eurocon…

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