Usages de l’IA
Usages de l’IA

Désormais présente partout, l’IA s’impose de façon croissante dans notre quotidien. Son développement, qui repose sur des infrastructures lourdes et énergivores, génère des tensions environnementales qui s’accentueront à mesure que les usages se multiplieront.

Présente dans nos smartphones, nos ordinateurs, nos services en ligne ou encore nos moteurs de recherche, l’IA est désormais partout. En tant qu’usagers d’équipements numériques, nous l’utilisons tous, parfois à notre insu. Parallèlement, de nombreux corps de métiers en développent l’usage. Ainsi, nous utilisons indirectement des IA lorsque nous sollicitons certaines prestations (analyse ou diagnostic médical, service d’assistance technique, etc.). Cette multiplication des usages pousse à créer de nouvelles offres numériques incluant des IA, offres qui à leur tour facilitent le développement de nouveaux usages, dans une boucle sans fin.

Un accroissement des infrastructures numériques liées à l’IA

Malgré son apparente immatérialité, l’IA se déploie bien « physiquement » 

  • construction de centres de données (leur nombre devrait doubler entre 2026 et 2030 selon JLL, cabinet spécialisé dans l’immobilier d’entreprise) ; 
  • mise en place de réseaux de communication (qui relient les centres de données et les utilisateurs) ; 
  • production d’équipements individuels (ordinateurs, smartphones, tablettes, etc.). La France n’est pas en reste : le pays a mis en place une série de mesures destinées à accélérer le développement de l’IA, tant sur le volet informatique que sur celui des infrastructures :
  • investissements : début 2025, le gouvernement a annoncé un plan de 109 Md€ (principalement privés) dédié à l’IA ;
  • développement foncier : l'État a identifié 35 sites prêts à accueillir de nouveaux centres de données ; 
  • accélération réglementaire : des dispositifs comme le label PINM (projet d'intérêt national majeur) et les procédures de raccordement « fast track » visent à réduire les délais administratifs et de connexion pour attirer les capitaux étrangers.
Des contraintes importantes sur l’environnement

À elle seule, la construction de data centers pèse déjà sur l’environnement, comme tout chantier de construction : utilisation d’énergie fossile (engins), de béton et de ciment (empreinte carbone), d’eau, de ressources non renouvelables (minerai). 

Cette pression sur l’environnement est accentuée par l’exploitation des data centers, entraînant des conséquences bien plus larges : 

  • augmentation de la consommation énergétique, due non seulement à la consommation des centres de données en eux-mêmes, mais aussi à celle des réseaux déployés pour les faire communiquer entre eux ; 
  • accroissement de l’artificialisation des sols, affectant la biodiversité et le cycle de l’eau et dégradant les écosystèmes ; 
  • conflits de raccordement au réseau électrique et potentielles inégalités d’accès à l’électricité : le choix d’implantation des data centers se faisant d’abord en fonction des facilités de raccordement au réseau énergétique et du coût de l’électricité, les usagers d’un territoire d’implantation risquent d’être mis en concurrence ; 
  • hausse des émissions de particules liée à la consommation d’énergie carbonée, à l’utilisation de systèmes de refroidissement et à l’usure des systèmes informatiques ; 
  • augmentation de l’émission de chaleur fatale, c’est-à-dire l'énergie thermique générée par les procédés industriels (ici les serveurs), souvent rejetée sans être utilisée ; 
  • tensions sur les ressources en eau : le refroidissement des data centers étant généralement réalisé avec de l’eau, dans les zones soumises à stress hydrique, cette utilisation vient concurrencer d’autres usages et fragiliser la biodiversité. Les rejets d’eau sont également source de pollution des nappes.
Des émissions de GES plus importantes pour le secteur numérique que pour le transport aérien

Plus généralement, en augmentant sa consommation d'électricité et ses besoins en fabrication de matériel (processeurs graphiques, serveurs…), le secteur numérique contrecarre les efforts réalisés par les autres secteurs pour atteindre leurs objectifs de décarbonation. 

De fait, les émissions de GES (gaz à effet de serre) du secteur numérique sont supérieures à celles générées par le transport aérien. Et l’IA est un facteur multiplicateur d’émissions de GES : rien que pour les centres de données, les émissions pourraient plus que tripler d'ici à 2035 selon l'ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie). 

Ainsi, non réglementé et démultiplié, l’usage de l’IA contribuera massivement (et contribue déjà) au réchauffement climatique, à la dégradation de la qualité de l’eau, à l’épuisement des ressources et à l’augmentation des émissions de particules fines.

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