IA : les bonnes pratiques environnementales associées aux data centers
IA : les bonnes pratiques environnementales associées aux data centers

Si l’empreinte environnementale d’un data center est lourde, plusieurs mesures permettent d’en minimiser l’intensité. Élu.es de CSE, identifiez les critères mobilisables afin d’évaluer les choix opérés par votre direction et d’interroger la responsabilité sociétale et environnementale (RSE) de votre entreprise.

Une direction ne doit pas choisir un fournisseur d’IA ou de tout autre service numérique en se basant uniquement sur des considérations économiques ou opérationnelles. Elle devrait également intégrer les enjeux environnementaux à sa prise de décision.

Les critères liés à l’implantation

Premier critère à prendre en compte : le lieu d’implantation. Les centres de données du prestataire d’IA retenu sont-ils implantés dans un pays ou une région à faible intensité carbone ? Ses émissions de gaz à effet de serre seraient ainsi limitées. C’est par exemple le cas en France, dont l’essentiel de l’électricité est d’origine nucléaire, donc fortement décarbonée. Toujours pour limiter les effets des centres de données sur l’environnement, il est indispensable que le data center soit bâti sur un site déjà artificialisé, comme une friche industrielle, afin d’atteindre l’objectif de « zéro artificialisation nette » des sols, en procédant au réemploi de surfaces déjà construites mais inoccupées.

Les critères liés à l’exploitation

Concernant l’exploitation d’un data center, l’un des premiers leviers, et non des moindres, réside dans l’optimisation de l’efficacité énergétique. Il existe plusieurs mesures en la matière : 

  • réduire le ratio entre l'énergie totale consommée par le bâtiment et l'énergie utilisée par les serveurs (ratio nommé PUE pour power usage effectiveness ou « indicateur d'efficacité énergétique ») ; 
  • utiliser l'air extérieur pour refroidir les serveurs au lieu de climatiseurs énergivores (refroidissement passif) ; 
  • augmenter légèrement la température de consigne des salles de serveurs ; 
  • décaler les tâches de calcul non critiques (comme l'entraînement de certains modèles d'IA) vers des périodes où l'électricité est la plus décarbonée ou lorsque la demande sur le réseau est faible. C’est ce qu’on appelle l’effacement électrique

    Par ailleurs, le refroidissement des data centers étant essentiellement assuré par de l’eau douce, il convient de réduire les quantités utilisées via par exemple la mise en place de circuits fermés ou de technologies « zero water ». 

    Autres leviers à mobiliser, ceux liés à la gestion du matériel et à l’économie circulaire, parmi lesquels : 

  • allonger la durée de vie des serveurs au-delà de la moyenne (3-5 ans pour l'IA) pour amortir l'impact de leur fabrication ; 
  • privilégier l'usage du matériel existant avant tout achat et mutualiser les ressources de calcul pour atteindre un taux d'utilisation maximal ; 
  • anticiper dès la conception le démantèlement, la dépollution et le recyclage des équipements (cartes GPU, batteries). 

    Pour finir, la chaleur émise par les centres de données doit être récupérée et valorisée, en raccordant ces derniers aux réseaux de chaleur pour chauffer les habitations, bureaux ou équipements publics situés à proximité. D’autant que la réglementation européenne (EED) impose cette valorisation pour les sites de plus de 1 MW depuis 2025. 

    Ainsi, si le secteur du numérique, notamment adossé à l’IA, fait peser un poids considérable sur l’environnement, les acteurs du numérique mais aussi les consommateurs – entreprises en tête – peuvent se saisir de ces multiples leviers afin de rendre le secteur plus responsable et de limiter leur propre impact sur le climat.

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