Voiture
Attention cet article n’est plus d’actualité au vu de nouvelles lois.

L’automobile a été l’un des secteurs les plus performants de l’économie du Royaume-Uni au cours de ces dernières années

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Sa renaissance et son succès tiennent pour beaucoup à la mise en place d’une stratégie industrielle volontariste au lendemain de la crise (2009). Celle-ci avait pour objectif d’accroître la compétitivité de la supply-chain en dynamisant la demande et les investissements productifs.

La création du Conseil automobile (Automotive Council) a notamment facilité un dialogue permanent entre le gouvernement et les industriels et permis au secteur de bénéficier pleinement de multiples programmes stratégiques de croissance (RGF, AMSCI, APC, AIO[12] qui ont été déterminants dans l’attrait des investissements étrangers, le rapprochement entre constructeurs et équipementiers ou encore le développement de la R&D automobile.

Aujourd’hui, l’installation d’une frontière post-Brexit mettrait potentiellement le modèle économique de la filière en danger. Le maintien de l’accès au marché unique est devenu le nouveau cheval de bataille de l’industrie britannique avec laquelle le gouvernement s’est engagé dans des négociations au cas par cas au travers d’accords sectoriels (Sector Deals).

L’Accord sectoriel automobile (Automotive Sector Deal) arrive à un moment où l'industrie automobile est confrontée à une période de changement sans précédent, avec la montée de l'électrification et de la voiture connectée et autonome. Cet accord place l’électrification[13] )  et les nouvelles technologies de l’automobile au cœur de la stratégie du secteur pour les prochaines années. Il fixe également des objectifs ambitieux en matière de relocalisation (reshoring) de la chaîne d’approvisionnement sur le sol britannique pour laquelle milite un certain nombre de constructeurs comme Nissan depuis déjà quelques années.

UN ACCORD SECTORIEL AUTOMOBILE A SUIVRE

L’Accord sectoriel automobile 2018 est présenté comme une extension de la stratégie industrielle du gouvernement britannique. Il rassemble un certain nombre d'engagements conjoints à long terme entre les industriels et le gouvernement pour « bâtir et asseoir le leadership du Royaume-Uni en matière de mobilité du futur et de croissance propre[14]  ». Il prévoit de déployer des moyens financiers notamment à travers le partenariat public-privé afin de renforcer la compétitivité du secteur dans les domaines suivants :

  • Technologies automobiles bas carbone :

    500 M£ sur 10 ans au travers de l’APC (jusqu'en 2023) pour la recherche, le développement et l’industrialisation de nouvelles technologies bas carbone, l'industrie fournissant un financement de contrepartie équivalent pour des projets R&D collaboratifs ;
  • R&D automobile :

    225 M£ de 2023 à 2026 pour soutenir la R&D du secteur, l'industrie fournissant un financement de contrepartie équivalent ;
  • Transition vers les véhicules à zéro émission :

    246 M£ sur 4 ans via le Fonds Faraday Battery Challenge[15] avec l’ambition de faire du Royaume-Uni un leader mondial dans la conception, le développement et la fabrication de batteries pour véhicules électriques ;
  • Technologie de véhicule autonome et connecté (VAC)

    250 M£ pour positionner le Royaume-Uni en tant que leader mondial du développement et du déploiement des VAC, dont  :
    > 150 M£ pour des projets de R&D collaboratifs pour lesquels, à ce jour, 100 M£ ont été engagés dans 51 projets, l'industrie contribuant à hauteur de 56 M£,

    > 100 M£ pour l'infrastructure de test, dont 51 M£ ont été engagés jusqu'à présent pour 4 projets d'infrastructure (deux installations de tests, deux installations d'essais en conditions réelles).

Le gouvernement a lancé en janvier un concours de R&D de simulation et de modélisation de 15M£ pour accélérer le développement des véhicules connectés et autonomes ;

  • Programme de compétitivité et de productivité de la chaîne d’approvisionnement :

    32 M£ de financement conjoint pour un programme national d'amélioration de la compétitivité et de la productivité de la supply-chain pour accroître les volumes de production automobile.

L’accord ambitionne de porter la part du contenu local des véhicules à 50 % d’ici à 2022.
Il prévoit également des programmes de financement dans la formation et la sécurisation de compétences clefs[16]  pour le secteur.

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  • 12. Regional Growth Fund (RGF), Advanced Manufacturing Supply Chain Initiative (AMSCI), Advanced Propulsion Center (APC), Automotive Investment Organisation (AIO).
  • 13. De fait, le positionnement sur l’électrique permettrait de dépendre d’une supply-chain plus ramassée (moins de composants qu’avec une motorisation thermique) et avec des fournisseurs de batterie non européens. Cela permettrait de produire des véhicules électriques dans des conditions de coûts comparables à celles de l’UE.
  • 14. « Industrial Strategy – Automotive Sector Deal » (HM Government, janvier 2018)
  • 15.Fonds de soutien à l’innovation dans le domaine des nouvelles technologies de batteries pour véhicules électriques (recherche, innovation, production de masse) et leur recyclage

 

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