Alors que la directive européenne sur la transparence salariale impose de nouvelles obligations aux entreprises, Syndex publie les résultats d’une enquête menée auprès de 602 élu·es du personnel (CSE, représentant·es syndicaux, IRP). Cette enquête révèle que, si la transparence salariale est identifiée comme une priorité majeure par les représentant·es des salarié·es, elle reste largement absente du dialogue social et encore peu portée par les employeurs qui doivent pourtant s’y préparer.
Pour une grande majorité des répondant·es la transparence des rémunérations est considérée comme un sujet central du dialogue social. Cela soulève la question du temps et des moyens alloués aux RP et de la qualité du dialogue social dans l’entreprise pour traiter ce sujet d’actualité.
Malgré cette attente forte, le sujet reste largement absent des instances du dialogue social. Seulement 18% des répondant·es indiquent que la transparence salariale a été abordée en réunions d’instance et 14% lors d’échanges informels avec la direction. Ainsi, 40% des répondant·es déclarent que le sujet n’a pas du tout été abordé dans le cadre du dialogue social. De plus la majorité des personnes interrogées (45%) estime que les employeurs ne se sont pas encore penchés sur le sujet, ou de façon très limitée (33%).
Les répondant·es sont 70% à déclarer être peu informé·es ou pas du tout informé·s sur cette directive européenne et ils sont 47% à ne se sentir à l’aise sur aucun des sujets qu’elle couvre (transparence, égalité de valeur du travail, information individuelle, rôle des IRP). L’enquête montre aussi que l’information provient avant tout de sources extérieures à l’entreprise (presse, organisations syndicales, cabinets d’expertise), rarement de l’employeur. Dans ce contexte, les élu·es se disent démuni·es, d’autant plus qu’ils connaissent encore mal les leviers d’action à leur disposition.
Si près de 60% des répondant·es indiquent qu’un chiffrage des écarts de rémunération existe dans leur organisation, et si trois quarts d’entre eux mentionnent l’existence d’un plan d’action ou d’un accord sur l’égalité professionnelle, 45% des répondant·es estiment que ces informations restent très largement insuffisantes pour permettre une analyse fine des écarts par catégorie, métier ou classification.
Dans ce contexte, 81% des répondant·es expriment le besoin d’être accompagné·es ou formé·es, que ce soit pour analyser les écarts de rémunération ou négocier avec leur employeur. Ils attendent également des outils pratiques et une méthodologie. La directive attribue en effet un rôle au CSE et aux délégués syndicaux dans la construction des catégories d’emploi, dans l’analyse des écarts de rémunération et dans l’accompagnement des salarié·es. « Alors que la date de transposition approche, la marche est encore haute. Les représentant·es du personnel ont bien saisi l’enjeu, mais ils et elles se retrouvent trop souvent démuni·es : peu d’informations exploitables, peu d’échanges en instance et une mobilisation encore faible des employeurs. Notre message aux IRP en tant qu’expert est de les inciter à anticiper : la transparence salariale, ça commence aujourd’hui ! » déclare Lena Quer-Riclet, experte Syndex responsable du pôle social.
Enquête en ligne menée par Syndex auprès de 602 représentant·es du personnel (CSE, IRP, représentant·es syndicaux), issus de l’ensemble des secteurs d’activité et de toutes tailles d’entreprises. Elle porte sur la perception de la transparence salariale, la mise en œuvre de la directive européenne, le niveau d’information des élu·es et leur capacité à agir dans le cadre du dialogue social