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LBO : la loi de la finance

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Quel est le lien entre l’éditeur de solutions numériques Tibco, le fabricant de bouteilles de verre haut de gamme Saverglass et le spécialiste du surgelé Picard ? Le LBO

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En quoi cela consiste le " LBO" ?

Tibco, Saverglass, Picard, ces trois groupes sont détenus par des fonds d’investissement qui les ont acquis via le mécanisme de LBO.

Le mode opératoire d’un LBO (« Leveraged Buy-Out » ou  achat par effet de levier) est toujours le même. Le fonds finance son achat en s’endettant auprès de banques, à hauteur de 60 à 70 % du prix d’acquisition. Ensuite, les dividendes versés par la société au fonds rembourseront la dette. De même qu’un ménage emprunte pour acheter son logement, emprunter pour acquérir une entreprise peut avoir du sens à condition de ne pas brûler les étapes. Une famille mettra 15 à 20 ans pour clôturer son prêt, le fonds, désireux d’offrir à ses clients de confortables rendements, rembourse souvent la banque après 3 à 6 ans d’exploitation.

Quelles en sont les conséquences ?

Résultat, l’entreprise doit être rapidement profitable, dégager un maximum de cash pour faire face aux échéances. Un plan d’affaires est promptement  échafaudé par des financiers chevronnés avec pour objectifs de réduire les charges, dynamiser l’action commerciale, optimiser les investissements. Bref, il faut exploiter au mieux le potentiel de l’entreprise, tout en réduisant les dépenses non productives. Une stratégie pouvant s’avérer bénéfique sur le long terme si, à la clef, elle assurait une juste répartition des gains obtenus entre les salariés et les actionnaires. Mais au sein d’un LBO c’est le court-termisme qui règle le curseur. Si tout se déroule comme prévu, une fois désendettée, l’entreprise sera revendue avec une belle plus-value (que se partageront investisseurs, dirigeants et associés), avant même que les salariés bénéficient des fruits de leurs efforts. Du coup, la pression des dirigeants de l’entreprise est forte et elle l’est d’autant plus lorsque le fonds demande au top management d’investir personnellement dans l’opération.

Cette tension se diffuse d’un bout à l’autre de la chaîne hiérarchique et ne favorise pas le dialogue social. Et si la rentabilité escomptée n’est pas au rendez-vous, le poids des charges financières devient ingérable. La sanction est immédiate : au mieux c’est  la prise de contrôle par les banques créancières avec au final le spectre d’un PSE, au pire, c’est la faillite. L’effet de levier se transforme en « coup de massue » pour les salariés.

 

Télécharger la note LBO de SYNDEX ci-contre

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